Demain, Fabien Barthez fêtera ses trente-cinq ans. Son approche de la haute compétition, son recul par rapport à l'événement, ses fractures de carrière (Manchester, le crachat marocain), tous les titres les plus prestigieux conquis, lui confèrent une assurance justifiant le choix de Raymond Domenech. En face, Iker Casillas, de dix ans son cadet, une saison difficile avec le Real de Madrid et beaucoup de duels perdus, ont abîmé sa confiance. Deux solitudes qui vont s'affronter à cent mètres l'une de l'autre. Un duel justement, où, ces deux gardiens sur chacune de leurs interventions capitaliseront un peu plus de bien-être, de confort à leurs dix coéquipiers.
Barthez, c'est la cervicale de la colonne vertébrale chez les Bleus. Casillas, dans un onze euphorique tourné vers l'avant, c'est le début de la colonne lombo-sacrée. Chez les Français, tout part de Barthez. Chez les Espagnols, tout se termine dans le rectangle de son alter ego (plus ego qu'alter).
«Mais, il y a autre chose que des gardiens dans ces deux équipes!», ajoute-t-on.
Dix joueurs de champ de chaque côté! Si l'on connaît le onze ibérique, le sélectionneur français cultivera son mystère jusqu'à la dernière minute (le règlement lui impose de communiquer son onze de départ une heure avant le coup d'envoi) et je crois qu'il a raison.