Sauf coup de théâtre, Fabien Barthez devrait effectuer samedi ses grands débuts sous les couleurs du FC Nantes-Atlantique à l'occasion des 32e de finale de la Coupe de France face à Guingamp. Et si le «divin chauve» n'a pas ménagé sa peine depuis son arrivée avant Noël pour être opérationnel le plus vite possible, son mouvement d'humeur dans la semaine a provoqué un mini psychodrame sur les bords de l'Erdre qui rend encore plus brûlant ce retour, six mois après son dernier match, la finale de la Coupe du monde à Berlin.
S'il était resté un jeune retraité du football, auréolé d'une belle place de vice-champion du monde en guise d'adieu, Fabien Barthez n'aurait sans doute guère prêté attention à ce Nantes-Guingamp des 32e de finale de la Coupe de France, affrontement entre le 17e de Ligue 1 et le 18e de Ligue 2. Seulement voilà, frustré de ne pas avoir été enrôlé à Toulouse malgré ses appels du pied et les vains efforts de son mentor Elie Baup pour convaincre le président Olivier Sadran, le «divin chauve» a décidé de se reprendre au jeu, séduit par le discours de Rudi Roussillon, président d'un FC Nantes en déliquescence. "J'ai senti quelqu'un de sincère, j'ai rencontré un homme qui s'est dépouillé devant un autre (...) J'ai confiance en lui à 300%. Sinon, je serais resté chez moi, j'ai de quoi faire, je n'étais pas à la rue et je n'étais pas déprimé comme certains l'ont cru", explique le gardien le plus capé en équipe de France (87 sélections) dans France Football de vendredi.
Voilà donc comment le discours charmeur de Rudi Roussillon a permis au FCNA de réussir sans doute l'un de ses plus gros coups en matière de transferts. Reste à savoir si ce ne sera pas un coup d'épée dans l'eau mais bien un coup de booster pour un club jadis glorieux mais qui, ces deux dernières années, se retrouve sous le feu des projecteurs en raison de sa lente descente aux enfers. Une chose est certaine: «Fabulous Fab» a tenu à soigner son retour, s'entraînant sans relâche sur les terrains de la Jonelière depuis sa signature au côté de Franck Mantaux, l'entraîneur des gardiens nantais, tout en restant en contacts permanents avec la petite cellule qui le suit depuis de nombreuses années, composée notamment d'Elie Baup et de Philippe Boixel, l'ancien ostéopathe de l'équipe de France.
"Il a fallu que je me freine car je suis un passionné", poursuit dans France Football celui qu'on a même vu courir, plonger, dégager seul au centre José-Arribas au moment où ses nouveaux partenaires étaient au repos, 25 décembre et 1er janvier compris. Une remise en forme à vitesse grand V qui lui permet, après à peine deux semaines d'entraînement, de postuler à une place de titulaire samedi face à Guingamp, presque six mois jour pour jour après son dernier match officiel, la finale de la Coupe du monde perdue aux tirs au but contre l'Italie. Bref, tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes si l'histoire ne s'était pas subitement grippée dans la semaine précédant ce 32e de finale de Coupe.
Aux soins toute la journée jeudi
Mercredi, c'est en effet un Fabien Barthez irrité qui a quitté l'entraînement en cours avant de pointer jeudi aux abonnés absents sur le terrain, se contentant de soins, le staff médical du club évoquant "juste un peu de lassitude physique et une douleur lombaire". Mais la mine renfrognée du néo-Nantais, son départ sans un mot jeudi et l'apparente gêne de Rudi Roussillon n'ont pas manqué de faire jaser sur place, poussant un Georges Eo passablement irrité à s'expliquer jeudi sur le départ précipité de sa recrue lors de la séance de la veille: "J'ai fait ma séance avec des thèmes précis. Franck Mantaux gère les gardiens avec cette animation. Il y avait alors quatre gardiens à disposition. Franck juge qui doit être dans les buts. Fabien Barthez s'entraîne depuis trois semaines et il n'est peut-être pas enclin à faire certaines choses. Pour moi, il n'y a pas de problème. Je le vois cet après-midi pour discuter du match face à Guingamp. Il est resté six mois sans jouer et nous devons discuter pour savoir comment il est. Pour moi, le sujet est clos et je me concentre sur le match."
On n'en saura donc pas plus de la bouche de l'entraîneur nantais dont les méthodes d'entraînement seraient une des causes de la mauvaise humeur de Fabien Barthez qui les jugerait trop légères et inadaptées à la préparation d'un match professionnel. Selon L'Equipe de vendredi, l'Ariégeois n'a notamment pas compris pourquoi aucune mise en place tactique n'a eu lieu en fin de séance, l'empêchant ainsi de prendre des repères indispensables à ses yeux avec la défense qui sera alignée devant lui contre Guingamp. Bref, à peine entamées, les relations entre Fabien Barthez et Georges Eo ne semblent déjà plus au beau fixe, ce qui n'est pas forcément de bon augure pour la suite.
Reste que le gardien figure bien dans le groupe pour le premier match de l'année 2007 du FCNA au côté de Tony Heurtebis et effectuera donc samedi ses grands débuts sous le maillot des Canaris. Mais alors que tout était en place pour que ce retour se passe dans un contexte apaisé (avec notamment une victoire 4-0 à Toulouse pour le dernier match de 2006), la pression s'est invitée à la fête, donnant à ce 32e de finale une saveur particulière...
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